Julianna Barwick & Mary Lattimore / Yann Gourdon

 date du concert

10/04/2026

 salle

Cité de la Musique,
Paris

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Cité de la Musique / Julianna Barwick / Mary Lattimore / Yann Gourdon

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Cité de la Musique
Julianna Barwick
Yann Gourdon
Mary Lattimore

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Pour cette « nuit expérimentale » programmée par la Philharmonie de Paris au sein du Musée de la Musique, place à un format assez original avec une promenade d’une heure et demi dans trois niveaux du lieu d’exposition. Par cohortes démarrant leur cheminement toutes les heures, le public est, ainsi, invité à assister à trois courts concerts successifs, donnés par les musiciens au cœur des salles du musée, au milieu des instruments anciens.

Yann Gourdon

Débutant dans les espaces dédiés au XVIIe siècle, la soirée s’ouvre par une prestation de Yann Gourdon avec son habituelle vielle à roue reliée à des dispositifs électroniques. Concentré sur vingt-cinq minutes, son set permit de laisser un peu de côté l’impression lancinante et trop homogène que font naître d’ordinaire ses concerts. La grande proximité avec le Français, assis sur une petite estrade à quelques centimètres des spectateurs, aida également à mieux visualiser le travail de sa main gauche, actionnant rapidement les différentes touches de son instrument, mais aussi d’entendre assez distinctement le bruit des mécaniques elles-mêmes. Sa main droite, après avoir amplement manipulé la manivelle, la laissant tourner en fin de set, pour donner encore davantage à saisir le drone oscillant produit par la vielle.

Wassim Halal

Monté d’un étage, on s’assit face à Wassim Halal, joueur de darbuka (lui aussi relié à plusieurs dispositifs dont des pédales d’effets) qui explora largement les différentes techniques de jeu de ce petit tambour : frappes sur le cadre, la peau ou le coffre de l’instrument, faites avec le bout des doigts, la paume plaquée, le poing, en faisant crisser ses ongles ou en pichenettes. Il en résultait des sons sourds, mats ou clairs, voire, quand les frappes se rapprochèrent, l’impression d’entendre une sorte d’électronique drill.

Julianna Barwick & Mary Lattimore

Parvenu au niveau dévolu au XIXe siècle, on y retrouva celles qui viennent de sortir un album commun, précisément enregistré à l’occasion d’une résidence au Musée de la Musique, réalisé avec certains instruments issus de ses collections : Julianna Barwick et Mary Lattimore. Têtes d’affiche de la soirée, les musiciennes livrèrent cinq morceaux extraits de ce Tragic Magic, dont ces pages rendront très prochainement compte, en commençant, comme sur disque, par Perpetual Adoration. Utilisant une harpe empruntée au Musée, Mary Lattimore en pinçait principalement les cordes aigues et, grâce à des petits capteurs posés sur le bois de l’instrument, les agrémentait de delay, tandis que la voix réverbérée de Julianna Barwick et ses accords de synthé (provenant d’un Jupiter-8 et d’un Prophet-5 du début des années 1980, eux aussi pris dans les collections muséales) affirmaient l’aspect évanescent du projet.

Place ensuite à Rachel’s Song, reprise du morceau composé par Vangelis pour la bande-originale de Blade Runner, ouvert par un sample de pluie captée, l’an passé, par une amie des États-uniennes à Los Angeles (les premières ondées post-méga feux) et dans lequel Julianna Barwick agit par simples vocalises, sifflements et main passée sur sa rivière faite de petits tubes métalliques, instrument destiné à renforcer l’aspect cristallin de l’ensemble. Pour les deux morceaux suivants (The Four Sleeping Princesses et Melted Moon), Mary Lattimore se saisit, de sa main gauche, de son sampler pour créer en direct des boucles de harpe, jouée de sa main droite. En regard, sa compatriote livrait quelques basses sur ses synthés et, surtout, chantait ses paroles d’une voix claire et très intelligible, magnifiée par l’instrumentation.

En clôture de la petite quarantaine de minutes (trop courte, comme leur album, bien que le format était connu d’avance), Temple Of The Winds, composé par Roger Eno, força les deux musiciennes à se saisir de partitions, sans que cela n’entache la qualité de leur prestation, donnée dans le lieu même qui avait vu naître ces compositions de toute beauté.

François Bousquet
le 15/04/2026

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