11/04/2026
Lieu Unique,
Nantes
Dixième édition du festival Variations, toujours aussi aventureux dans sa programmation, avec, cette année, une concentration sur six lieux et huit jours, et la manifestation d’un triple attachement : aux glorieuses figures des musiques différentes (Kim Gordon, Jim O’Rourke, Einstürzende Neubauten, Suzanne Ciani), aux maîtres du piano (film et créations autour de Keith Jarrett et Ryūichi Sakamoto), et enfin aux instruments vernaculaires et folkloriques (accordéon avec Suzan Peeters, orgue à bouche avec Sombat Simla, vielle à roue et banjos chez La Nóvia, cornemuse avec One Leg One Eye).
Ce fut, d’ailleurs, avec des instruments fabriqués à la main que s’ouvrit le second week-end du festival, pour lequel on fit le déplacement à Nantes. Luthière et musicienne, Thorn Wych confectionne, en effet, elle-même ses instruments, à partir de branches d’ifs prélevées très tôt, presqu’encore vertes. Biscornus et particuliers, ses alto à trois cordes, flûte à anche, petit appeau, flûte à bec, tambour, sistre ou tambourin l’entouraient dans le salon de musique du Lieu Unique, en ce milieu d’après-midi. Jouant tour à tour de chacune de ces créations, la Britannique empila, grâce à des pédales d’effets, ces couches successives, auxquelles elle ajouta un chant dans une langue inventée.
L’ambient-folk vernaculaire qui en résultait, fait de longues partitions superposées, se faisait aussi bien saisissant et envoûtant qu’un peu monotone sur la grosse heure que dura son concert. Pieds nus, ses cheveux longs et blonds lâchés, vêtue d’une jupe longue, Thorn Wych jouait assurément de la dimension légèrement chamanique, ou merveilleuse (au sens littéraire) de l’ensemble. Actionnant ses pédales et potentiomètres de son pied gauche, elle répétait ainsi les mêmes phrases, tels des mantras, sa voix se trouvant filtrée et le son de ses instruments trituré. Pour jouer de ces derniers, et notamment de l’alto, elle utilisa un archet avec branche courbe, frotté sur les cordes ou sur la caisse de l’instrument, attestant de la singularité d’une prestation, possiblement plus intéressante visuellement que musicalement.
le 16/04/2026