11/04/2026
Lieu Unique,
Nantes
Après avoir écouté d’une oreille distraite la pop électronique d’Helen Island, qui se produisait au bar à 20h, on entra dans le Grand Atelier du Lieu Unique pour cette soirée du samedi au Festival Variations. Escamotée, la salle invitait le public à rester debout, à même d’apprécier l’enchaînement de trois prestations, plutôt étonnamment ouvert par le duo Suzanne Ciani et Actress, venus défendre leur projet Concrete Waves et qu’on aurait imaginé se produire plus tard dans la soirée.
Qu’importe, cela permit de profiter davantage de ce concert, donné face à face par les anglo-saxons, elle devant son grand synthé modulaire et lui assis face à ses laptop et machines. Basses marquées, poussées et saturations constituèrent la matrice de leur concert, un peu dansant par endroits, conduisant certains membres du public à esquisser quelques mouvements. Sans regard ou échange verbal entre eux deux, une bonne complémentarité musicale se créa quand même, les bonnes réactions de l’assistance à leur électronique les invitant à une montée en puissance vers une techno dotée de coups sourds et appuyés, puis d’une polyrythmie. Dans le même mouvement, le volume se fit plus imposant, des craquements et bouillonnements apparurent et la salle évolua au rythme de ce nouveau paradigme. Au bout d’une heure, Suzanne Ciani et Darren J. Cunningham se donnèrent une accolade finale, satisfaits de leur prestation.
Autre duo, norvégien cette fois-ci, Smerz venait à Variations auréolé d’un certain succès (on les verra, l’été prochain, dans plusieurs festials), obtenu grâce à leur électro-pop pas si désagréable sur disque. Sur scène, entourées d’un batteur à capuche danois et d’un bassiste, Catharina Stoltenberg et Henriette Motzfeldt rivalisèrent de minauderies et effets jouant sur une féminité exacerbée : cheveux dans le vent grâce à un ventilateur, moue boudeuse, cambrure, robe à dos nu, rideaux argentés derrière elles, etc…. Jouant toutes deux des synthés, et du violon pour l’une d’elles, elles livrèrent une suite de morceaux sans grand intérêt, servie par une batterie bourrine mais surtout rendue inaudible par tous les entrants décrits précédemment.
Ayant quitté la salle avant la moitié du concert de Smerz, on y retourna peu avant minuit pour assister au dernier duo du soir, formé par ∈Y∋ et C.O.L.O. Membre de Boredoms, et plutôt adepte de noise, le premier s’était associé au second pour une proposition qui mit beaucoup de temps à démarrer. Plongés dans le noir, les Japonais offrirent quelques explosions et bourdonnements prononcés, mais rien de bien consistant. Quand claquements et rythmiques apparurent, en même temps que des formes géométriques ou kaléidoscopiques blanches sur l’écran géant derrière eux, le propos gagna en intensité et intérêt, prêt à être déroulé pour le restant d’un set intéressant.
le 21/04/2026