21/04/2026
Station - Gare des Mines,
Paris
Située au milieu de sa tournée européenne, effectuée à l’occasion de la publication à l’automne dernier d’a little death, la date parisienne de claire rousay permettait de retrouver la Texane, trois ans après l’avoir vue en compagnie de LEYA au Festival Variations. Dans une Station - Gare des Mines fort bien remplie (et même si le fond de salle était escamoté par un rideau noir tendu derrière la console), Perila était chargée d’ouvrir la soirée, dans la foulée de sa participation à Présences Électronique il y a deux mois.
La prestation de la jeune femme, donnée depuis la console, nous y avait un peu déçus, à l’inverse de celle livrée au 104 en 2023. Pour ce mardi soir, on retrouva les qualités aperçues il y a trois ans, avec ces bruissements, pépiements d’oiseaux, oscillations aiguës et ces quelques bruits d’eau, au service d’une ambient sincère. La voix douce et peu filtrée d’Aleksandra Zakharenko put également se poser sur ce tapis sonore composite, qui incluait même quelques pulsations. Assise derrière sa table qui contenait laptop et machines, vêtue d’une casquette, elle s’essaya aussi au sample en direct et à la superposition de ses lignes vocales.
En outre, Perila fut très bien servie par un jeu de lumières l’éclairant majoritairement par deux gros spots posés derrière elle, lumière qui tourna au rouge sang quand elle délivra des composants plus sourds, voire des quasi-explosions sonores. Virant alors vers une ambient-dub un peu poisseuse, la musique de la Russe accueillit, sur son dernier morceau, des fréquences aiguës à la limite du larsen, qui masquèrent un peu sa voix. Pour autant, cela ne ternit pas l’impression d’ensemble laissée par ce set touchant et soigné.
Après un intermède un peu long (le changement de plateau fut rapide, et on patienta plus d’une demi-heure entre les deux parties), claire rousay prit place dans une configuration voisine : machines devant elle et pied de micro à sa droite ; un clavier venait, à main gauche, compléter l’instrumentarium. Le début de son concert se montra trop ascétique avec de rares notes de piano, un micro-larsen et des craquements, le tout formant une ambient qui se perdait un peu dans le grand volume de la Station. Quand elle passa au chant, sa voix filtrée au vocoder, davantage de consistance apparut, et plus encore sur un autre titre chanté, soutenu par des arpèges de guitare préenregistrés.
Ces morceaux chantés constituèrent assurément les deux meilleures propositions d’un set qui développait, par ailleurs, une formule trop voisine d’un titre à l’autre : note tenue façon signal continu, froissements et bruits de conversation ou de pas, clochettes, bouts d’interview (sur Somehow), nappe lointaine et notes de piano éparses. Les fragments sonores du quotidien étaient tellement intégrés aux compositions de la Texane, tout de noir vêtue, qu’on crut que les sons des quelques bouteilles qui tombèrent au sol (90% du public était assis par terre) provenaient de ses machines et laptop. Cette confusion traduisait certes le caractère rudimentaire et la proximité voulue par la musicienne, mais aussi la ténuité du propos général d’un concert qui ne sembla, nonobstant la qualité des matériaux, jamais complétement décoller.
le 27/04/2026