05/05/2026
Lafayette Anticipations,
Paris
Double découverte en ce mardi soir à Lafayette Anticipations, face à un public relativement nombreux et tout aussi curieux que nous d’assister à ces deux prestations féminines, débutant à 20h précises par le concert d’Ugné Uma. Seule sur scène, debout sur une petite estrade placée au centre du plateau, la jeune Lituanienne chanta sur des instrumentaux lancés depuis la console et enchaînés, sans rythmiques. Accords de clavier, nappes et quelques bribes vocales constituaient cet accompagnement, sur un tempo lent mais qui manquait de consistance. Seules les incursions vocales samplées (des textes dits, principalement) apportèrent, en effet, quelque chose d’un peu intéressant.
Avec sa voix chaude et langoureuse, donnée en anglais, Ugné Uma opta pour une tonalité un peu jazzy, un peu nu-soul, soulignée par sa tenue noire, près du corps et ses bras nus. Avec des ports de voix parfois grandiloquents, la jeune femme cherchait à se faire envoûtante, mais nous laissa assez extérieurs car, paradoxalement, sa prestation fut plutôt froide et ses motifs trop répétitifs tout au long de cette grosse demi-heure.
Échappée de Good Sad Happy Bad, Raisa Khan s’installa ensuite, au centre de la scène, derrière son synthé et coiffée d’une casquette. Côté cour, un bassiste (Coby Sey) et, côté jardin, un batteur (Pike) l’encadraient pour une alternance entre morceaux chantés et quelques instrumentaux. Pendant que la batterie se faisait assez basique et pas toujours très fine, clavier et basse jouaient principalement dans les graves et la Londonienne s’exprimait dans un parlé-chanté un peu syncopé. Plus directs et moins foncièrement électroniques que sur disque, ses titres courts, un peu trop même dans l’ensemble, dépassèrent rarement les trois minutes, à part deux morceaux au tempo ralenti en milieu de set (dont Stay, où Raisa K et Coby Sey se relayèrent au chant).
Entourés de tubes néons disposés de part et d’autre de la scène, et au-dessus de celle-ci, dans des compositions façon mikados très réussies, passant d’un blanc froid à des jaunes et rouges, ou des bleus violacés, les trois musiciens servirent notamment Affectionately, morceau d’ouverture de l’album paru l’an passé, et mini-tube, salué comme tel par le public (téléphones en mode vidéo, « wouhou ! » à la fin). À l’image de ce morceau, le résultat global se fit assez convaincant, en tout cas plus expressif et entraînant que la première partie. Voici typiquement un registre musical qu’on n’écoute pas sur disque, ou dont on n’achète pas les sorties, mais qu’on prend un certain plaisir à écouter en live.
le 11/05/2026