(SusannaSonata / Import)
06/03/2026
Electronique

Très intégrées dans la scène expérimentale norvégienne, les deux jeunes femmes de Propan ont sollicité Stina Stjern (elle aussi croisée sur plusieurs disques de cette même scène, et active en solo) pour réaliser une cassette en commun. Publiée sur SusannaSonata (le label géré par Susanna Wallumrød, sœur de Christian et Fredrik, et qu’on connaît pour son groupe Susanna & The Magical Orchestra), cette sortie permet de retrouver le travail sur la voix cher au duo. C’est d’ailleurs celle de Natali Abrahamsen Garner qui ouvre la cassette, racontant des actions quotidiennes (faire des courses, préparer des jus de fruits, etc…), avant que des souffles et petits ululements ne viennent s’ajouter.
Les voix des deux autres Norvégiennes la rejoignent ensuite, l’une d’entre elles commençant une phrase et l’autre la terminant. Des vocalises interviennent également, et on se prend alors à imaginer qu’aucun instrument ou appareil n’est utilisé, et que tout est produit par leurs trois voix. Des crissements et bruits métalliques nous détrompent un peu, à la fin de Fern, premier des trois longs morceaux proposés sur cette cassette.
Plus loin, des traitements plus significatifs sont réalisés sur les voix (triturations, étirements), des couinements électroniques apparaissent et des grondements sont disposés en arrière-plan, apportant un semblant de rythmique plutôt bienvenu pour renouveler le propos (Maret). Cet aspect quasi-rythmique se trouve relayé par des halètements, manière de revenir toujours aux voix, matériau principal de Propan et Stina Stjern. Comme si leur association gagnait en assurance au fur et à mesure de la cassette, Sybil fait état de davantage d’interactions entre voix et électronique expérimentale, avec des paroles fragmentées ou des notes tenues mises en face d’éléments abstraits, bon résumé d’une sortie un peu aride au global.
le 26/05/2026