Mai-Thu Perret : Othermothers

 date

du 26/03/2026 au 26/07/2026

 salle

Centre culturel suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Centre culturel suisse / Mai-Thu Perret

 liens

Centre culturel suisse

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Deux ans sans y aller avant sa fermeture, puis quatre ans de travaux : voici plus de six ans que nous n’étions pas retournés au Centre culturel suisse. Tout juste rouvert, nous reprenons le chemin du site de la rue des Francs-Bourgeois, pour constater, tout d’abord que l’entrée se fait dorénavant par la librairie, reliée au bâtiment principal par une ouverture réalisée dans un mur, ce qui conduit à pénétrer dans une salle d’exposition avant d’arriver dans la cour, occupée par une buvette. L’édifice en fond de cour a été également repensé, avec l’ancien hall d’accueil vu comme moins serviciel, et davantage comme une autre composante du Centre culturel, son auditorium dont le mur de fond est escamotable pour être utilisé comme plateau intérieur et sa grande salle d’exposition à l’étage toujours compartimentable mais à l’accès facilité. Peut-être un peu froid de prime abord (escalier à vis brut, signalétique très sobre et peu repérable), et bien que la petite salle en mezzanine paraisse avoir disparue, le lieu semble avoir néanmoins gagné en volume et en capacité fonctionnelle.

Vue de l’exposition

Pour lancer cette nouvelle ère, l’équipe du Centre culturel suisse, toujours dirigé par Jean-Marc Diébold, a convié trois plasticiennes : Akosua Viktoria Adu-Sanyah (pour des suites de photographies autour des fleurs ou de son père gravement malade), Ingeborg Lüscher (pour une sorte de rétrospective de ses travaux portés sur les flammes et l’incandescence) et, surtout Mai-Thu Perret. En montant l’escalier, on se souvint avoir vu quelques œuvres de la Genevoise dans cette même salle qui, cette fois-ci, bénéficie de la moitié de l’espace supérieur, embrassable du regard d’un seul tenant, pour disposer une dizaine d’œuvres manifestant une belle multiplicité de supports et matériaux : céramique, rocher recouvert de feuille d’or, néon, verre, tissu et même une bande-son. Cette variété se trouve au service de créations évoquant principalement des divinités (Nut, Minerve, Diane, Bouddha) ou des mondes alternatifs (les cercles en néon d’Untitled (coquilles et fleurs), accrochés sur un mur opposé à la tapisserie News From Nowhere tout aussi évocatrice).

Avec ses représentations diverses de dieux et déesses, Mai-Thu Perret se montre à la fois fascinée par ces divinités et leurs différentes incarnations (chats, pigeons), mais sait aussi les tourner un peu en dérision : Diana III, sculpture à l’échelle 1 de la déesse en majesté, porte des baskets, Nut fait un pont inversé, Bouddha est méconnaissable car intégralement recouvert de feuilles d’or pour en faire une grosse masse (Heroine of the People (Big Golden Rock), Each time you bring it up it is new figure la déesse de la lune mais n’a pas de visage. L’ambiance générale, très mystique du fait de ces différentes sculptures, se trouve complétée par une œuvre sonore entre spoken word et vocalises (The Touchable Scenario), finissant par composer un ensemble vraiment cohérent.

François Bousquet
le 03/07/2026

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