du 20/02/2026 au 19/07/2026
Institut Suédois,
Paris
Après la très bonne exposition de Tarik Kiswanson, l’Institut Suédois enchaîne avec Formes Ouvertes, présentation d’œuvres d’Olle Bærtling, mises en regard de créations de plus jeunes artistes. Décédé il y a quarante-cinq ans, le peintre suédois a consacré son temps d’artiste (après une première partie de vie comme banquier) à étudier le triangle, la diagonale et des formes abstraites. Mais plutôt que d’enserrer sa figure géométrique de prédilection dans un cadre bien serré, il préférait donner de belles perspectives avec des angles ouverts et des lignes de fuite invitant à porter plus loin le regard.
Ses peintures aux couleurs vives, aux aplats bordés de lignes noires destinées à constituer deux des côtés des triangles, se composent ainsi de manière très amène, saisissant à la fois par la netteté de leur trait et la précision de leur tracé, mais aussi par leur capacité à faire exister ce qui les entoure. Aussi bien en format portrait (Yuak) que paysage (Agra), les créations d’Olle Bærtling trouvent un subtil équilibre entre travail sur l’abstraction géométrique et impression d’être des vues aériennes stylisées d’étendues plantées. Également auteur de quelques sculptures, le Suédois donne à Kerok et Xiar la même aptitude à combiner recherche quasi-scientifique (la longueur des arêtes et la taille des angles de ces agencements de lignes droites sont assurément impeccablement étudiés), légèreté (même quand l’œuvre fait trois mètres de haut) et convocation du champ des possibles au-delà.
En résonance avec ces créations stimulantes, l’Institut Suédois a sollicité sept artistes de tous pays, opérant également à partir de formes et lignes. Possiblement la plus proche du peintre, Rana Begum propose des pliages de plaques d’acier colorées à la laque, donnant à voir arêtes et triangles peints. La série de petites encres sur papier de Bernd Ribbeck fait un choix colorimétrique moins tranché, pour réaliser des œuvres qu’on associerait à des vitraux d’église. Les règles colorées de Jacob Dahlgren constituent, pour leur part, un grand hexagone, lui-même découpé en deux triangles et deux carrés (Units of Measurements). La combinaison de triangles et de carrés se retrouve aussi chez Brooklin A. Soumahoro, pour un grand format façon op art.
Le jeu de Bærtling sur le cadre se trouve mis en écho avec la très belle installation de Cécile Bart, placée au centre de la salle principale : suite de cadres en bois suspendus, dont la toile a été remplacée par un voile en tergal aux tons pastels (Hanged and Happy (Mobile Jaune)). Même travail autour de la légèreté et la transparence chez Bella Rune, avec ses suspensions textiles, assemblages de cônes en mohair de soie allant du plafond au sol. Enfin, en résonance avec les réalisations de Bærtling pour des rideaux de scène d’auditoriums, Ulla Von Brandenburg crée deux petites céramiques, simili-maquettes avec courbes et cylindres, qu’on pourrait prendre pour des miniatures scénographiques (Stage II et Stage IV).
le 22/07/2026