Jérôme Bouve & Delphine Dora

Vent d’Aether

(Hallow Ground / Import)

 date de sortie

17/04/2026

 genre

Classique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Delphine Dora / Hallow Ground

 liens

Hallow Ground
Delphine Dora

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Une discographie pléthorique (une cinquantaine d’albums publiés en une vingtaine d’années), plusieurs collaborations et des concerts très réguliers : Delphine Dora n’est pas avare en nouvelles données. Celle qu’on a pu voir deux fois sur scène aime aussi chercher de nouveaux instruments ou de nouveaux lieux, à l’image de ces églises du Cotentin où, en septembre 2024, elle a improvisé sur les orgues trouvés dans ces bâtiments sacrés. Saisis par Jérôme Bouve (crédité, de ce fait, comme co-auteur du présent disque), ces moments ont bénéficié, ensuite, de l’apport des field recordings de SA-RA, pour constituer un album fait d’une longue plage et de cinq plus courtes (la première occupant, logiquement, toute la face A de ce vinyle turquoise sorti chez Hallow Ground).

Moins sentencieux que d’autres disques ou prestations donnés à l’orgue, Vent d’Aether capitalise, pour aboutir à ce résultat positif, des pépiements d’oiseaux et autres bruits de la nature (bruissements de feuilles, vent), donnant l’impression d’être soi-même assis dans l’une des églises, pour écouter Delphine Dora jouer tandis que la porte ouverte de l’édifice nous apporte des nouvelles du dehors. Plutôt qu’un empilement de notes et accords, la Française privilégie une approche moins frontale, n’hésitant pas, sur cette première face, à réduire ses interventions à une simple note tenue, dans les aigus, ou à offrir une petite mélodie un peu perdue dans le bruit de la marée.

Passé le morceau-titre, place à la face B qui affiche plus ouvertement les lieux d’enregistrement (chaque morceau comporte le nom d’une ville ou d’un village, et un chiffre romain, renvoyant à la séquence d’improvisation retranscrite). Difficile d’appréhender les différences entre chaque orgue, ou plutôt à rendre compte de ce qui procède des différences entre instruments et des différences entre manières d’en jouer. On relèvera des sons moins étouffés ici, un bourdon plus présent là, et toujours cette approche directe et plutôt humble qui fait de cet album un témoignage sincère et profond de cette promenade normande.

François Bousquet
le 06/08/2026

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