(Kranky / Modulor)
01/05/2026
Electronique

Ambient / Ana Roxanne / Kranky
Aussi bien son premier album (déjà publié sur Kranky, fin 2020) que son concert donné quelques mois après à Lafayette Anticipations ou, en creux, son long-format réalisé avec DJ Python sous le nom de Natural Wonder Beauty Concept l’avaient attesté : Ana Roxanne tire avantage à sortir de quelque chose de trop lisse, d’arythmique et de trop vaporeux, pour gagner en corps et consistance. Poem 1 nous permet de tirer les mêmes conclusions, eu égard au grand nombre de morceaux dans lesquels la voix de la jeune femme se trouve très mise en avant, posée sur des instrumentations légères.
Au-delà des nappes de synthé ou des accords de piano qu’on trouvait déjà sur Because Of A Flower, le violon de Maya Balkaran s’invite dans l’instrumentarium développé par l’Étatsunienne, dont le timbre continue, cependant, de se singulariser par une forme de fragilité, combinée paradoxalement avec une certaine assurance dans la manière dont il se pose. Il en résulte une capacité quasi-immédiate à rendre les paroles chantées intelligibles et, par suite, à faire naître une proximité et une émotion plutôt touchantes (Keepsake).
Demeurent, toutefois, ces limites instrumentales et cette répétition de motifs très voisins et peu dérangeants. En revanche, quand Michael Hanf et sa batterie caressée aux balais s’invite dans le décor, aux côtés du violon et du piano électrique, et que, d’autre part, Ana Roxanne assume d’étirer son propos dans la durée, l’oreille se tend davantage (les six minutes et trente secondes d’Untitled II, les cinq grosses minutes d’Atonement). En outre, plus le disque avance, plus la musicienne paraît encline à diversifier son propos : les granulosités des plages de synthé de Wishful (Draft) ou les chœurs de Tomás Cruz à ses côtés sur Cover Me. Comme précédemment, donc, on ressort de Poem 1 avec une impression mitigée, mais la conviction d’être néanmoins face à une personnalité.
le 17/08/2026