(Svale Records / Import)
05/06/2026
Jazz

Label tout juste fondé, et intégré à la plateforme Grappa, Svale Records se veut une structure ouverte à des formes de jazz assez traditionnelles, pas forcément très expérimentales, mais suffisamment bien ouvragées pour plaire. La première sortie de ce label d’Oslo fut un album de Siril Malmedal Hauge et Kjetil Mulelid sur lequel nous ne sommes pas arrêtés, le jazz vocal du duo nous paraissant trop peu singulier. Un mois après cette publication, place au nouveau disque d’un trio piano-contrebasse-batterie, dont deux des membres (le bassiste et le batteur) nous sont connus pour appartenir à Wako, cet ensemble dans lequel Kjetil Mulelid officie au piano.
Actif depuis une dizaine d’années, l’Espen Berg Trio opère dans un registre tout à fait traditionnel, avec des compositions dans lesquelles une phrase mélodique de piano peut apparaître de temps à autre, entre deux séquences où les rapports sont plus équilibrés entre les trois instruments, et quelques fragments solitaires permettant à la contrebasse ou au piano de s’illustrer individuellement et de manière détachée (sur Eidsvals, par exemple, chacun des deux a droit à son petit moment identifiable, un rien trop ostentatoires toutefois). Pour accompagner le trio (au sein duquel la batterie de Simon Albertsen n’en fait jamais trop), le violoncelle de Joakim Munkner est convié sur près de la moitié des titres, notamment sur Rue Saint-Michel, dont le thème est pris en charge par ce dernier.
Le jeu d’Espen Berg opte souvent pour un travail en piqué, bien en adéquation avec la technique de contrebasse de Bárður Reinert Poulsen (Equilibrium Suite, Pt.2), avec les clappements de mains de Nap Of The Earth, ou alors pour proposer des intonations proches du menuet (le début et la fin du florissant The Parade). Il peut aussi offrir des mesures très reconnaissables quand le trio s’empare de la ballade Russians de Sting, avec accords dans les mediums et graves, relayés par des déliés de violoncelle, pour alterner avec les lignes plus claires reprenant le chant de l’Anglais. Cet exercice habituel de la reprise d’un standard pop-rock symbolise bien cet Entropies : une agréable variation du traditionnel format du trio piano-contrebasse-batterie, sans vraiment de prise de risque.
le 02/09/2026