Ezra Feinberg

 date du concert

01/09/2026

 salle

Chair de Poule,
Paris

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Chair de Poule / Ezra Feinberg

 liens

Chair de Poule

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Venu une dizaine de jours en Europe pour défendre son album publié fin mai 2024, et dont un nouveau pressage vient d’être réalisé, Ezra Feinberg devait réussir à transposer sur scène ce beau disque. Enregistré avec plusieurs musiciens et un large instrumentarium, Soft Power marquait par sa capacité à accueillir ces invités pour une sorte de jazz acoustique. Sur cette tournée européenne, une flûtiste et un claviériste accompagnaient l’Étatsunien qui, pour sa seule date française, avait été convié par le Chair de Poule, ce bar du quartier Oberkampf à la programmation souvent dédiée à la six-cordes, justement (Sir Richard Bishop s’y produisait quelques jours auparavant pour 3 sets successifs dans la même soirée).

Face à une bonne vingtaine de personnes, le trio se mit en place peu après 20 heures, Ezra Feinberg étant assis au centre, sa guitare acoustique sur les genoux (ou plutôt sur une cuisse, puisqu’il la tenait à la manière classique ou flamenca, avec le renflement arrière de la caisse sur la cuisse, plutôt que le creux du milieu de caisse). Joué en finger-picking, l’instrument fut sollicité de manière très variée : arpèges, accords pincés, cordes jouées une à une, travail concentré sur les basses, accords grattés. Seul un e-bow fut utilisé comme adjuvant, en plus des différentes pédales à disposition du musicien, dont les yeux restèrent souvent fermés, comme pour mieux se concentrer sur son instrument. Elle aussi fréquemment les yeux clos, Adriana Tampasis se tenait debout avec sa flûte traversière, tandis qu’Omer Shemesh alternait clavier et mellotron pour apporter des petites divagations proches du solo de jazz (sur Soft Power, par exemple) ou des accompagnements doublant les notes de six-cordes.

Il put aussi livrer une petite mélodie, tendre et cotonneuse, à peine perturbée par quelques craquèlements provenant d’un faux contact d’un de ses instruments (Get Some Rest). Avec de tels claviers, Shemesh se trouvait souvent en position de prendre le relais des invités du disque, à l’image de ce même Get Some Rest où son mellotron se mit à sonner comme la harpe de Mary Lattimore, prenant en charge les lignes données par l’Étatsunienne sur l’album. Au cœur d’une cinquantaine de minutes caressantes et légères, Ezra Feinberg sut conférer un aspect plus cadencé à son instrument en grattant ses accords de La et Ré, combinés à des samples de souffles et frottements (Soft Power). Sur ce titre, comme les autres, le travail sur les mêmes motifs, répétés et accentués, permit de créer des moments où le public se trouvait emporté par ces circonvolutions dépouillées mais prenantes. Laissant place à quelques passages improvisés, le trio pouvait donc aussi se retrouver sur des thèmes communs, portés par l’un des trois musiciens, jusqu’à conclure par Future Sand, où la mélodie principale fut servie par la flûte d’Adriana Tampasis, avec quelques petits problèmes de souffle sur les notes tenues, mais vite laissées derrière elle pour se rattraper et joliment conclure ce beau concert de rentrée.

François Bousquet
le 07/09/2026

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