(Flaming Pines / Import)
03/07/2026
Rock

Un duo totalement inconnu jusqu’alors (ni en tant que formation, ni ses membres pris individuellement), une pochette en dégradé de gris montrant une usine à l’abandon, et un album qui débute par des notes lancinantes de violoncelle, des craquèlements et du spoken word : Bing Industries se présente sous des atours intrigants et expérimentaux. Au cours de ses quatre longs morceaux (entre douze et quasiment vingt minutes), Tokoro Wohnen va déployer le schéma mis en place dans ses premiers instants, en combinant les contributions du violoncelle de Martyn Riley et de guitare à des apports ambient et à la voix féminine de Beth Robertson.
Assez narrative, cette dernière semble conter, ainsi qu’on pouvait l’imaginer, l’histoire passée de l’industrie (celle de l’huile de schiste de la fin du XIXe et début du XXe siècles en Écosse, en l’occurrence), tandis que la musique paraît, elle aussi, surgie des âges et circuler au milieu des bâtiments désaffectés. Quand Beth Robertson laisse de côté son spoken word au profit de sa guitare électrique, déliée, embuée et touchante, le duo parvient à susciter une belle émotion chez l’auditeur (le milieu d’a600w).
Le choix de traits un peu saturés, sur Frosty, convainc moins, en ce qu’il conduit à un résultat moins singulier et moins saisissant. Toutefois, le lien avec l’industrie et les usines se montre toujours présent, avec cet aspect un peu métallique né des traitements posés sur les instruments. Pour terminer le disque, retour de la voix de Robertson, en vocalises uniquement, pour une classique évocation un peu spectrale des âmes hantant des lieux déserts, placée sur un tapis sonore de field recordings et drone divers.
le 29/09/2026